Que faire à Bar-le-Duc ?
351 lieux à découvrir
50, rue des Ducs
Cette maison ayant appartenu à la famille Levasseur au XIXe siècle (et probablement au XVIIIe siècle) est un ancien hôtel particulier. Construite au XVIIIe siècle sur les bases d'une maison plus ancienne (du XVIe siècle pour ce qui est encore visible à certains endroits), elle est représentative de l'habitat bourgeois barisien du siècle des Lumières. De style classique elle a conservé, outre sa façade sobre et élégante, une grande partie de ses dispositions intérieures avec une organisation des pièces en enfilade agrémentées de lambris de style Louis XV et de cheminées. On notera la présence d'un escalier à jour central datant du début du XVIIIe siècle mais rappelant par son archaïsme stylistique les escaliers du XVIIe siècle. Comme de nombreuses maisons de la Ville Haute, des caves importantes se développent sur 2 niveaux souterrains connus et une troisième qui vient d'être découvert. Si de nombreuses demeures de Bar-le-Duc sont organisées en profondeur sur des parcelles lanièrées, ici ce processus est limité par la présence de l'église Saint-Étienne située à l'arrière. Pas de second corps de bâtiment important même s'il existait des écuries autrefois. La vue arrière est immédiatement animée par la silhouette de l'église, que l'on soit dans le jardin comme dans le grenier.
Rue des Ducs de Bar
Ancienne « Grande Rue », c’est l’artère principale de la Ville haute, au débouché de la « route de France » venant de Paris. La rue des Ducs de Bar est la rue aristocratique par excellence. Reflet de la richesse et de la grandeur du Barrois, les membres de l’élite y font construire leur demeure dès le XVIe siècle. Elle prend son nom actuel en 1857 pour rendre l’honneur aux souverains qui contribuèrent à son embellissement. Nobles et hauts fonctionnaires du duché se regroupent au sein de ce quartier privilégié, à proximité du château. Dès le XVIe siècle, les constructions adoptent petit à petit les techniques et les décors de la Renaissance malgré quelques survivances gothiques. Participant aux guerres d’Italie aux côtés du roi de France, les ducs de Bar rapportent de leurs campagnes le goût de la Renaissance. Il est probable qu’ils se soient inspirés de l’urbanisme italien naissant et aient tenté de l’appliquer à Bar-le-Duc. Construites en pierre calcaire au grain fin provenant de la carrière de Savonnières-en-Perthois, les demeures de la rue des Ducs de Bar présentent un ensemble homogène. Cette unité de style est accentuée par la régularité des alignements des façades et des ouvertures. Les hôtels particuliers s’organisent sur trois niveaux dont le dernier plus petit forme un attique éclairé par de petites fenêtres souvent jumelées. Un bandeau mouluré ou sculpté souligne la séparation des étages. À l’instar de leur souverain, les notables parent leurs habitations de riches ornements architecturaux - frontons, pilastres ou frises - à la mode antique. Dans le détail, ces demeures sont toutes uniques, par leurs décors plus ou moins riches, abondants ou originaux.
Borne de la Voie Sacrée - Point de départ
De 1914 à 1918, Bar-le-Duc est une ville « d’arrière-front ». C’est l’expression qui sera employée lors de la remise de la Croix de Guerre à la Ville en 1920. Bar-le-Duc occupe effectivement une position charnière entre l’arrière et le front. Par elle, transitent soldats, matériel et approvisionnements en vivres et en munitions destinés aux combattants du secteur de Verdun. Les ressources venues de l’arrière sont d’abord regroupées à Saint-Dizier, à 25 km au sud-ouest de Bar-le-Duc et à la gare de Baudonvilliers, tout près de là, avant d’être acheminées à Bar-le-Duc par le train, via Revigny, ou par la route. De Bar-le-Duc à Verdun, deux voies de communication jouent ensuite un rôle capital : la petite ligne de chemin de fer dite « le Meusien » et, surtout, la route Bar-le-Duc-Verdun, qui sera bientôt connue sous le nom de « Voie sacrée ». Pour la première fois, une route est réservée à la circulation automobile. Elle devient très vite un véritable cordon ombilical. Une commission militaire la gère à la fois de façon draconienne et très efficace. Dès le premier mois de la bataille, 800 camions de troupes et 600 camions de munitions et de matériel partent chaque jour pour Verdun. Cette réussite logistique est l’un des facteurs qui a permis aux soldats de Verdun de tenir bon. Peu après le déclenchement de la bataille de Verdun, le 21 février 1916, la petite route départementale conduisant de Bar-le-Duc à Verdun devient un véritable cordon ombilical. Maurice Barrès, le député lorrain nationaliste, la qualifie de « route sacrée » dès le mois d’avril 1916 mais c’est sous le nom de « Voie sacrée » qu’elle passe à la postérité. Réservée aux véhicules automobiles, elle assure, grâce à une gestion draconienne, le transport, chaque jour de la bataille de Verdun, de 13 000 soldats, de 1 500 tonnes de munitions et de 6 400 tonnes de matériel, souvent chargées à Baudonvilliers, au sud de Bar-le-Duc. Après la guerre, Raymond Poincaré, président de la République jusqu’en 1920 puis président du Conseil général de la Meuse, œuvre avec Pol Chevalier, maire et conseiller général de Bar-le-Duc, pour ancrer durablement dans l’espace et dans les mémoires le souvenir de ces temps héroïques. De nouvelles bornes kilométriques sont posées au long de la Voie sacrée, officiellement nommée « Route Nationale Voie Sacrée » en 1923. Ces bornes ont la forme d’une petite pyramide surmontée d’un casque de combattant français, ceint d’une couronne de laurier. La première, la borne « 0 », a été inaugurée le 21 août 1922 par Raymond Poincaré, alors président du Conseil. Elle se trouvait à quelques centaines de mètres de ce rond-point, vers le centre-ville. Elle a été remplacée peu après par le monument plus imposant qui se trouve devant vous, au centre d’une grille ornée de croix de guerre en fer forgé. Il a été déplacé ici en 2000.
L'hôtel de Salm
Fermant la perspective de la rue des Ducs-de- Bar, l’Hôtel de Salm se distingue des autres demeures du quartier par son architecture classique dans laquelle la régularité des travées, sa hauteur et sa balustrade amplifient le caractère ostentatoire de cette résidence aristocratique. Comme l’indique une inscription sur le portail de la cour, l’hôtel est construit en 1716 sur les vestiges d’une ancienne demeure bâtie par la famille de Salm dont il a gardé le nom. Ce premier édifice est détruit au début du XVIIIe siècle avec la Porte-aux-Bois mitoyenne qui marquait l’entrée de la ville au niveau des anciennes fortifications. Occupé par la famille de La Morre à partir de 1740, on peut supposer que cette famille est à l’origine de la construction du bâtiment aujourd’hui conservé. Dans la lignée des hôtels des siècles précédents, celui-ci est bâti en pierre de Savonnières sur trois niveaux dont un d’attique. Il s’en distingue cependant par sa large façade ouvrant sur la rue. L’effet d’horizontalité est renforcé par deux bandeaux saillants et une balustrade installée en bordure du toit dans un but ornemental. Par contraste, les vases de fleurs et les pots à feu sculptés sur cette balustrade confèrent à l’élévation un caractère élancé. Comme dans toute façade classique, le traitement différencié des entrées est révélateur de leur hiérarchie : la porte d’entrée, située au centre de la façade, en haut de quelques marches et surmontée d’un balcon s’oppose à la porte charretière placée sur le côté. De la distribution d’origine des pièces en enfilade ne subsiste aujourd’hui qu’un vestibule ouvrant sur un escalier de pierre à trois volées, reposant sur deux colonnes et un pilier, ornés de guirlandes de vignes. Ce vestibule comportait un sol de pierres blanches ornées de cabochons d’ardoise. Quelques boiseries et peintures murales nous sont également parvenues. À l’arrière, une cour, des remises et un jardin occupaient la parcelle qui s’étendait jusqu’à la côte de Polval. La famille de La Morre dont plusieurs générations occupèrent la charge de président de la Chambre des Comptes du duché choisit de quitter le pays à la Révolution. Les biens meubles et immeubles sont alors vendus aux enchères. L’hôtel connaîtra aux siècles suivants plusieurs propriétaires successifs dont un pensionnat de jeunes filles au XIXe siècle. L’ensemble fut restauré au début du XXIe siècle et séparé en plusieurs logements.
Le quartier de Marbot
Probablement établi dès l’époque romaine au carrefour de différentes voies de communication, le quartier de Marbot est qualifié de « hameau » en 1365. Il constitue un des quatre faubourgs de la cité ducale avec les faubourgs de Véel, de Couchot et d’Entre-Deux-Ponts. Son nom proviendrait de l’union de « mar » (mare d’eau) et de « bot » (butte). L ’ancienne auberge de Popey, située sur la voie romaine de laquelle dérive le chemin de Resson, devient une léproserie au Moyen Âge. Donnée aux chanoines de la collégiale Saint-Maxe par René Ier d’Anjou en 1434, elle garde sa fonction pendant tout l’Ancien Régime. En 1790, le domaine de Popey est vendu comme bien national et sa chapelle est détruite. Au Moyen Âge également, un moulin est construit sur le Naveton. D’abord propriété du chapitre de Saint-Maxe à partir de 1432, il est vendu comme bien national à la Révolution française, puis à un meunier en 1791. Les activités qui s’y succèdent durant le XIXe siècle reflètent la prospérité économique croissante du quartier : filature de coton, vermicellerie, compasserie et distillerie. Il fut détruit lors de l’aménagement du parc Varin-Bernier en 1866-1867. Le XIXe siècle voit l’essor du quartier de Marbot. En 1839 y est créée une école de filles. En 1840, une fontaine est installée place de l’Étoile, alimentée par les eaux de la Côte-des-Fourches, riche en sources. En 1850, le cimetière Sainte-Marguerite remplace le grand cimetière de l’église Notre-Dame, auquel est accolé le cimetière militaire en 1915. En 1903, le banquier Paul Varin- Bernier décide d’y ériger une demeure de prestige. Après la Première Guerre Mondiale, l’augmentation rapide de la population entraîne la construction des premiers lotissements, de deux groupes scolaires et d’une chapelle en 1938. Cette dernière est due à la générosité de Monseigneur Charles Aimond, grand érudit local. Agrandie en 1969, l’église Saint-Charles est dotée de quatre cloches au début des années 1980. L’expansion du quartier se poursuit après les années 1960 avec la construction de grands ensembles dans le secteur de Hinot
Le quartier de la Libération
Situé à l’extérieur de la ville ancienne, le quartier est urbanisé à l’issue de la Seconde Guerre mondiale. Son nom fait référence à l’entrée des troupes américaines dans Bar-le-Duc par cet axe le 31 août 1944. Une borne située le long de l’avenue commémore cet événement. À l’écart du cœur historique de la ville, la zone de confluence du canal des Usines et de l’Ornain est occupée dès le Moyen Âge par des activités artisanales. Au XIIIe siècle, le comte Henri II fait installer un moulin, à l’actuelle intersection des rues Poincaré et des Foulans. En 1581 est installée en aval, après accord des ducs de Bar et de Lorraine, une « esmouerie », lieu de fabrication d’épées, sabres et objets en fer ou acier servant à l’armement. Des couteliers, des taillandiers et des tanneurs viennent ensuite rejoindre ce premier établissement. Au XVIIIe siècle, la Ville accorde le droit d’y installer une poudrerie qui fonctionnera une cinquantaine d’années. En 1830, une forge pour affiner la fonte de fer fonctionnera peu de temps. Ces activités qui pouvaient occasionner des nuisances voire comporter des risques (explosions) pour la population sont sciemment mises en place loin du bourg. En bordure de la rue des Clouyères (actuel boulevard Raymond Poincaré) et au début de l’ancienne route de Châlons, le général Broussier, originaire de Ville-sur-Saulx, fait construire une maison de maître au cœur d’une vaste propriété, sur le modèle de ce que fera le Maréchal Oudinot rue Lapique. Dénommé ensuite « château Nicolas » en raison de son propriétaire Roussel, maître de forge, il sera plus tard vendu et loti. On y construit notamment l’internat du lycée Poincaré. À l’issue du second conflit mondial, Bar-le-Duc connaît des problèmes de logement liés à une forte pression démographique, des habitations anciennes et vétustes et une industrialisation importante. On décide donc de construire un quartier neuf composé d’un ensemble d’immeubles et de maisons individuelles. Au cœur de ce nouveau quartier où les espaces verts occupent une large place, se trouve l’église Notre-Dame de Lourdes, ardemment défendue par le chanoine Monflier (1896-1966), alors archiprêtre de Bar-le-Duc. Construite sur un plan centré, elle est aujourd’hui désacralisée. Une passerelle piétonne au-dessus de l’Ornain permet de rejoindre le quartier des « Castors », construit de façon homogène peu avant celui de la Libération.
Les villas Pierre-Oesterby
La première guerre mondiale cause des ravages en Meuse ; un tiers du département est dévasté. Dès 1917, le ministère des régions libérées est créé. Celui‑ci est chargé d’établir le montant des dommages subis et d’envisager le relogement provisoire (maisons Adrian). En 1920, la véritable reconstruction commence. Les sinistrés se regroupent en coopératives. Les financements sont diversifiés et abondés par des nations, des collectivités et même des personnes privées. Pour Marbot, la ville de Copenhague offre la construction de la cité Pierre Oesterby dans une rue qui prend le nom de « rue de Copenhague ». Pierre Oesterby est alors professeur à l’école supérieure militaire du Danemark, délégué à la Société des Nations et par ailleurs une connaissance de Raymond Poincaré. À la date de leur mise en service en 1929, les logements ont un confort moderne : eau courante dans la cuisine, chauffage individuel et toilettes. L’Office Départemental d’Habitations à Bon Marché fait construire un ensemble d’habitations en forme de U et d’architecture originale, pour l’accueil de familles nombreuses. Un concours avait été organisé entre différents architectes et le jury a retenu Maurice Royer (Est Républicain du 3 avril 1928). Monsieur Oesterby, appelé familièrement « oncle Pierre », a aussi contribué à l’accueil de jeunes Français dont des Barisiens, à des séjours de vacances à Copenhague pendant l’été 1926 et sur plusieurs années.
Le Café des Oiseaux
Établie vers 1786-1787 rue de la Neuveville à l’endroit où se réunissaient jadis les troupes de passage, la salle de spectacle acquiert toute sa renommée quand lui est annexé le Café des Oiseaux, créé par le naturaliste Louis Poirson. Son immense collection d’animaux naturalisés lui valu d’être décrit par l’académicien Jean Mistler, dans son ouvrage Gare de l’Est, comme étant « sans doute la salle de café la plus extraordinaire d’Europe ». Une remise à proximité du quartier d’Entre-Deux-Ponts, où les troupes théâtrales avaient coutume de se produire, fut transformée en une véritable salle de spectacle dans les années 1780. Devant la nécessité de la remanier à plusieurs reprises, en particulier pour répondre aux problèmes de sécurité, la Ville de Bar-le-Duc fut régulièrement mise à contribution. La salle finit par prendre le titre de « Théâtre municipal » en 1889 avant de redevenir privée après 1914. En 1896 s’y tient la première séance de cinématographe donnée dans la ville. Les travaux les plus conséquents furent engagés vers 1850 par Louis Poirson, qui convertit la façade en vestibule ouvert sur la rue et qui créa surtout un couloir à droite du théâtre conduisant au Café des Oiseaux ouvert en 1838. C’est ici qu’était réunie sa collection de quadrupèdes, oiseaux, insectes, coquillages et minéraux, disposée dans des étagères vitrées autour de la salle. Quelques objets tout aussi curieux complétaient la décoration (billard du Maréchal Oudinot, palmier en bois peint à feuillage de bronze, fontaine…). La façade ornée des sculptures de Caveneget respecte le style choisi pour les théâtres à cette époque. Inspirée de l’architecture classique, elle met en œuvre des colonnes cannelées d’ordres ionique et corinthien, une frise à triglyphes et des frontons triangulaires. Au rez-de-chaussée, une galerie ouvre sur la rue par des arcades. À l’origine, une allusion était faite au théâtre dans la partie supérieure du bâtiment, avec les sculptures de la Comédie et de la Tragédie encadrant le blason de Bar-le-Duc et quatre bustes d’auteurs disposés sur la balustrade du toit terrasse. L’incroyable collection de Poirson, constituée de plus de cinquante mille pièces, fut dispersée après la Seconde Guerre Mondiale. La fontaine qui trôna au centre du café pendant plus d’un siècle fut retrouvée en 1993. Elle est installée depuis lors sur l’esplanade du château en Ville Haute.
Le lycée Raymond Poincaré
1856 - 1857 Construit pour succéder au collège Gilles de Trèves, fondé au XVIe siècle et devenu trop exigu, le « lycée impérial » est inauguré le 26 octobre 1857. Disposés autour d’une cour fermée, les bâtiments peuvent alors accueillir trois cents élèves, des petites classes à la terminale. Agrandi à plusieurs reprises, il regroupe aujourd’hui un lycée et un collège. Dès le début du XIXe siècle, les élèves sont trop à l’étroit dans les bâtiments du prestigieux collège Gilles de Trèves. Par décret, Napoléon III érige le collège en lycée en 1854 et la construction de nouveaux bâtiments est décidée. Le chantier est confié à l’architecte départemental Charles Démoget qui donne à l’établissement une architecture très classique, sur un plan quadrangulaire. Dans l’axe du porche, surmonté d’un fronton triangulaire et flanqué de colonnes d’ordre corinthien, se trouve l’ancienne chapelle du lycée. À partir des années 1950, l’accroissement des effectifs rend nécessaire la construction de nouveaux bâtiments : internat, salles de cours, gymnase et terrains de sport constituent aujourd’hui la cité scolaire Raymond Poincaré. Au cours de chaque guerre entre la France et l’Allemagne, le lycée joua un rôle primordial. En 1870 comme pendant la Première Guerre Mondiale, le lycée fut occupé par un hôpital militaire. En 1914, l’établissement fut également le siège de l’État-major, tout en continuant à accueillir des élèves. Sous le porche, une plaque honore tous les élèves morts pour la France, notamment au cours de la Grande Guerre. Depuis sa création, le lycée de Bar-le-Duc a accueilli de nombreux élèves devenus ensuite célèbres, dont l’académicien Louis Bertrand, le graveur Paul Lemagny ou le président Raymond Poincaré, dont le lycée prend le nom un an après son décès, en 1935.
Les hôpitaux
En septembre 1914, Bar-le-Duc échappe de peu à l’invasion allemande et à des combats qui auraient pu être destructeurs. Après la bataille de la Marne, le front se stabilise à une cinquantaine de kilomètres plus au nord, au niveau de Verdun. Bar-le-Duc devient dès lors, et pour quatre ans, une ville d’arrière-front. Elle fait le lien entre la France de l’arrière et le front tout proche. Vous êtes à l’entrée de l’ancien hôpital-hospice de Bar-le-Duc, face au bâtiment qui accueille aujourd’hui l’Office de Tourisme. Dès l’automne 1914, cet hôpital n’est pas assez grand pour recevoir tous les soldats blessés acheminés du front. L’Armée installe donc plusieurs hôpitaux dans la ville, notamment au Lycée, à l’École normale de filles (actuel Hôtel du Département), dans le Pensionnat Jeanne d’Arc (rue Voltaire) et dans les casernes, vides de troupes, qui offrent à elles seules 3 500 lits. Tous sont utilisés à plein en 1916, pendant la bataille de Verdun. Plusieurs associations, sous l’emblème de la Croix-Rouge, et de nombreuses Barisiennes, apportent leur concours au personnel militaire. Des infirmières écossaises interviennent également comme celles qui figurent sur cette photo. Le plus souvent, les soldats blessés sont transférés à Bar-le-Duc par les trains sanitaires du « Meusien », un réseau de chemin de fer à voie étroite. À leur arrivée en gare, ils offrent un terrible spectacle de blessés, de mourants et de morts. Les blessés les moins graves ne font que passer dans les hôpitaux de la ville avant d’être envoyés à l’arrière. Les autres séjournent plus longtemps à Bar-le-Duc mais, pour beaucoup, l’issue est fatale. Un cimetière militaire doit être spécialement aménagé. Il comptera près de 3 000 tombes à la fin de la guerre.
Place Saint-Pierre
XVIe - XVIIe siècles A l'époque médiévale se déroulent à cet emplacement foires, marchés, réunions et fêtes. Cet espace se réduit peu à peu par l’élévation des constructions. Dans sa configuration actuelle, la place existe depuis la Renaissance, bordée par l’îlot de la halle et par les hôtels de l’ancienne noblesse de la ville. La place tient sa dénomination de l’ancienne appellation de l’église Saint-Étienne, autrefois collégiale Saint-Pierre. À la fois vaste et dégagée, elle constitue le cœur de la cité. Sa forme allongée permet le déroulement de nombreuses manifestations comme les tournois. Des réjouissances sont également organisées à l’occasion de cérémonies familiales ou de visites des plus grands personnages, comme en 1559 lors de la venue du roi de France François II, de son épouse Marie Stuart et de la reine mère Catherine de Médicis. Ces fêtes qui associent l’ensemble de la population se déroulent sur plusieurs jours. La place est bordée d’un côté par l’hôtel de Florainville, transformé au XVIIIe siècle en hôtel de ville, et par l’îlot de la halle dont on aperçoit aujourd’hui les traces des anciennes arcades. De l’autre côté, l’ancien couvent des Carmes et les demeures des patriciens de style Renaissance ferment l’ensemble. Ces maisons, érigées essentiellement aux XVIe et XVIIe siècles en remplacement des constructions médiévales voient leurs ouvertures modifiées au XVIIIe siècle dans un souci de plus grand confort. Seule une maison, située au n° 25, à pans de bois et à encorbellements, témoigne de l’architecture barisienne d’avant 1500.
Un lycée dans la guerre
Pendant la guerre, le Lycée National, l’actuel Lycée Raymond Poincaré, voit une grande partie de ses locaux réquisitionnés par l’autorité militaire qui y implante à la fois un hôpital et la « Direction des Étapes et des Services » de la IIIe Armée. Ce service, dirigé par un général, est chargé d’organiser le transfert des troupes, des vivres et des munitions entre l’arrière et le front. Son action est capitale durant la bataille de Verdun, en 1916. À aucun moment, la vie scolaire n’est interrompue. Le proviseur, M. Chemin, et le censeur, M. Franquin, organisent avec sang-froid l’internat et l’externat au milieu du va-et-vient des officiers, des soldats, des infirmières, des médecins et des blessés. Les cours sont assurés pour un effectif amoindri : moins de 100 élèves en 1916 contre 250 en temps normal. Lors des alertes, les lycéens, leurs professeurs et le personnel se réfugient dans les caves puis les cours reprennent… Durant quatre ans, le lycée de Bar-le-Duc s’adapte donc aux dures réalités de la guerre. 153 anciens élèves tombent au champ d’honneur. Leurs noms figurent sous le porche d’entrée du lycée, sur une plaque inaugurée en 1921 par Raymond Poincaré.
11, rue des Ducs
Il y a ici et là dans la rue des Ducs de Bar, quelques maisons plus étroites dont les hypothèses suivantes peuvent être avancées : - il y a eu des divisions de parcelle au cours du temps, pour modernisation, accident, ou pour régler une succession par exemple, - elles peuvent correspondre telles quelles au parcellaire médiéval et, contrairement à d'autres, celles-ci n'ont pas été regroupées pour céder la place à un hôtel de plus grande consistance. C'est l'observation des intérieurs qui peuvent parler, en particulier des caves. - cette large hiérarchie des espaces habités où se côtoient aisance et modestie a toujours été car des chanoines, des artisans ou familles moins fortunées ont également élu domicile dans cette rue comme ailleurs. La raison d'un certain regroupement dans cette partie de la rue pourrait être la moindre profondeur des parcelles, les grands hôtels accaparant de préférence les plus grandes superficies.
Parc de Marbeaumont
Ce parc a été créé en 1905 à l'occasion de la construction du château de la famille Varin-Bernier. Il se compose de nombreuses espèces rares qui sont identifiées par des bornes. Ces repères constituent un parcours botanique, incitant les flâneurs à se promener parmi de majestueux spécimens : séquoia, tilleul, hêtre pourpre, gingko bilboa, ... Le parc possède également un "Faux de Verzy", spécimen rare et unique dans le département. Une curiosité qui mérite à elle seule le détour !
Synagogue
Édifiée en 1871-1872 par l’architecte Charles Demoget sur la rive droite de l’Ornain, la synagogue de Bar-le-Duc est représentative du style mauresque qui caractérise les synagogues de la seconde moitié du XIXe siècle, en particulier dans l’Est de a France. La présence d’une communauté juive est attestée à Bar-le-Duc dès le Haut Moyen Âge. Jusqu’au XIIe siècle, elle jouit d’une relative liberté dans l’exercice de sa profession, puis l’intolérance et la ghettoïsation éloignent les Juifs de la ville. Ce n’est qu’au début du XVIIIe siècle que sont à nouveau mentionnées des familles juives installées à Bar-le-Duc. Jusqu’en 1866, la communauté, moins importante qu’à Verdun où est établi le rabbinat de la Meuse, se réunit dans le local d’une maison particulière. Dans le but de conférer au culte davantage de dignité, un terrain sur le bord de l’Ornain est acquis en 1868 pour y ériger une synagogue, financée grâce aux souscriptions, la Ville de Bar-le-Duc et une aide de l’État. Comme souvent en Lorraine à la même période, le style « roman orientalisé » est choisi par l’architecte. À Bar-le-Duc, le décor mauresque se retrouve à la fois à l’extérieur et à l’intérieur du bâtiment : arcs outrepassés et tympans sculptés de rinceaux et d’entrelacs, décor peint sur les murs, les vitraux et le plafond en bois. Les symboles israélites (tables de la loi en amortissement du fronton, remplages des baies en forme d’étoile de David, inscriptions issues de la Genèse) sont liés à des pilastres corinthiens, écho de l’architecture Renaissance locale. À la veille de la Seconde Guerre Mondiale, la communauté juive de Bar-le-Duc comptait encore plus de vingt-cinq familles. La guerre, la déportation et la Shoah (dont le souvenir des victimes est rappelé par une plaque commémorative à l’intérieur de l’édifice) ont fait que la communauté est aujourd’hui trop petite pour maintenir une activité cultuelle régulière. Inscrite aux M.H. en 2013.
Boulevard Raymond Poincaré
Situé à l’extérieur de la ville ancienne, le boulevard Poincaré fut aménagé aux XVIIIe et XIXe siècles dans un quartier dévolu jusqu’alors à l’artisanat. Fondations religieuses, hôtels particuliers et édifices publics s’installent dans ce faubourg, faisant de cette artère une des rues les plus convoitées par les élites de la ville. Au Moyen Âge, entre le canal des Usines et les rives de l’Ornain, les artisans de la rue des Foulans étendaient sur des perches appelées rames ou « clouyères » les pièces de draps afin de leur en donner toute leur longueur. Prenant le nom de ces instruments, cet axe d’entrée dans la ville se développe au XVIIIe siècle après le démantèlement des fortifications. Il devient une large avenue bordée de tilleuls. De riches particuliers y implantent alors leur demeure à l’instar de la famille Désandrouins qui fait bâtir un hôtel à rez-de-chaussée unique, surmonté d’un toit aigu et d’un fronton triangulaire en son centre. Il est précédé d’une petite cour en hémicycle donnant sur la rue et prolongé d’un vaste jardin à la française orné de statues, orangers et citronniers autour de bassins circulaires. Devenu la demeure du préfet en 1806, il est revendu en 1822 à Nicole Oudinot qui, avec le comte de Lorencez son mari, y établit sa résidence. Vendu à une institution religieuse d’éducation en 1856, il devient le siège d’une imprimerie de 1870 à 2008. En 1858, cette voie d’accès dans la ville est rebaptisé « rue de la Banque » afin de perpétuer le souvenir de l’implantation d’une succursale de la Banque de France dans l’hôtel bâti en 1847 par le maire de Bar-le-Duc Louis Saincère. Devenue boulevard en 1904, c’est en 1931 qu’elle prend le nom de l’homme politique né à Bar-le-Duc, Raymond Poincaré. Du XIXe siècle datent plusieurs maisons de maître comme la résidence natale de André Theuriet (n°7), la maison de l’industriel Knoderer (n°60) ou encore, à l’extrémité du boulevard, la résidence et le parc du Général Comte Jean-Baptiste Broussier, compagnon d’armes du Maréchal Oudinot, mort en 1814 (n°77)
Le pont Notre-Dame
XIVe siècle Passage obligé entre le quartier de Barriville et celui du Bourg, le pont Notre-Dame ou Grand Pont fut pendant longtemps le seul à franchir l’Ornain. Pivot entre deux quartiers, de nombreuses maisons surmontaient jusqu’au XVIIIe siècle ses cinq arches en pierre de taille. La statue qui orne sa chapelle a survécu aux bombardements de la Seconde Guerre Mondiale. Primitivement construit en bois, la date de 1311 inscrite plus tard sur une des piles du pont nous renseigne sur le moment de sa construction. Comme dans toutes les villes d’alors, les habitations construites en encorbellement au-dessus de la rivière permettent d’augmenter la place disponible et créer une artère commerçante animée. Après le Siècle des Lumières, dans un souci d’hygiène, ces maisons sont petit à petit détruites. Les dernières ont disparu au cours du XXe siècle. Afin de faciliter la circulation, le tablier en dos d’âne est abaissé en 1883 puis élargi. Sur la pile centrale d’amont est bâtie une chapelle, dédiée à sainte Anne puis à la Vierge après 1645. Plusieurs fois reconstruite, toujours sur un plan hexagonal, elle était une étape pour les différentes processions dans la ville. Elle abrite une statue de la Vierge réalisée par François Humbert au milieu du XVIIe siècle. Cette dernière provient d’une des portes des anciens remparts de la ville. Les vitraux des années cinquante représentant sainte Anne et la Vierge à gauche et saint Joachim à droite sont dû au maître verrier nancéen Benoît. Jusqu’à la construction du canal de la Marne au Rhin, l’Ornain est une rivière tumultueuse où la navigation ne peut se faire qu’en aval de la cité ducale. Les matières pondéreuses comme le bois qui arrivent des montagnes vosgiennes par flottage sont hissées sur des bateaux peu après le passage du pont, au niveau de la rue du Port. Afin de protéger sa structure des coups portés par les grumes, les piles du pont sont renforcées par des becs. Comme tous les autres, le pont Notre-Dame fut détruit en 1944, à l’exception de sa pile centrale.
Les bombardements
Si la ville échappe de peu, en septembre 1914, à l’invasion allemande, elle subit néanmoins, pendant la guerre, des pertes humaines et des destructions. Elles sont causées par les bombardements aériens opérés par l’ennemi. Quelques bombes sont lancées en 1915, sans provoquer de gros dégâts. En 1916, le premier bombardement a lieu le 21 février, le jour même du début de l’offensive allemande sur Verdun. Une quinzaine d’autres se succèdent jusqu’à la fin de la guerre. Le plus destructeur a lieu dans la nuit du 30 septembre au 1er octobre 1917. 90 bombes sont lancées sur la ville. Le vaste pâté de maisons situé face à vous, entre la rue du Cygne et l’Ornain, est anéanti. Sur la photo, on voit cet espace réduit à l’état de ruines, dominées au loin par le clocher de l’église Notre-Dame. Après la guerre, un grand magasin (« Dumas et Pinguet ») est construit à l’angle de la rue, dans le style « Art Déco ». Les initiales des propriétaires (D.P.), en céramique, ont été conservées sur la façade. En 1944, une bombe détruit son dôme, qui ne sera jamais reconstruit. Après 1987, l’immeuble a été transformé pour accueillir des petits commerces et des appartements. Les bombardements aériens font également de nombreuses victimes : au moins 80 morts et 150 blessés tant militaires que civils. Le plus meurtrier a lieu le 1er juin 1916, jour de l’Ascension. Par un temps splendide, 16 avions lâchent 80 bombes, essentiellement sur le centre de la ville, faisant 59 morts dont 39 militaires et de très jeunes enfants.
Les réfugiés
En 1914, Bar-le-Duc compte environ 14 000 habitants auxquels s’ajoutent 3 000 soldats. Dès la déclaration de guerre, la ville perd sa garnison et ses hommes mobilisés. Sa population augmente cependant fortement du fait de l’installation de nombreux services de l’Armée et de l’arrivée de milliers de réfugiés. En septembre 1914, ce sont surtout des Belges et des habitants du Nord-Meusien qui fuient à pied ou en chariot devant l’avance allemande. En 1916, lors de l’attaque allemande sur Verdun, ce sont des habitants de toutes les localités menacées qui fuient à leur tour. En juillet 1918, enfin, une troisième vague d’émigrés traverse la ville, en provenance de l’Argonne, lorsque les Américains lancent une offensive décisive dans cette région. Une grande partie des réfugiés ne fait que passer à Bar-le-Duc mais il faut cependant les nourrir et les héberger quelque temps, tant bien que mal. D’autres, peut-être un millier, s’établissent plus durablement. Il faut leur trouver un asile, de la nourriture et des ressources alors que tout manque. L’un de ces réfugiés, assurément le plus prestigieux, est Mgr Ginisty, évêque de Verdun, qui s’installe à Bar-le-Duc en février 1916 lors de l’évacuation de sa ville. L’église Notre-Dame, à Bar-le-Duc, devient alors sa cathédrale.
Rue des Grangettes
La rue suit le tracé est de l’ancienne enceinte. Sur ce côté, les façades sont construites sur les substructions des murailles. La dénomination remonte certainement à celle du lieu-dit « Les Grangettes » mentionné au XVe siècle et que la rue devait desservir. Cette rue était bordée de petites granges qui servaient de dépendances aux hôtels particuliers de la place Saint-Pierre. Au n° 28 sont visibles les restes d’une tour massive appartenant au système défensif de la ville. Mais c’est à la fin du XVIIIe siècle que cette rue acquiert une importance nouvelle pour la cité : en 1765, un atelier de filage et de tissage s’y installe sous la direction des Sœurs de la Charité chrétienne afin de donner de l’ouvrage et un enseignement aux jeunes filles de la cité. Bien qu’aujourd’hui les traces de cet atelier soient totalement invisibles, il fut à l’origine des premières manufactures textiles de la ville, activité très prospère au XIXe siècle. La rue Chavée est bordée de maisons du début du XVIe siècle dont les façades sont typiques du style lorrain. Autrefois cette rue servait d’entrée à l’îlot de la Halle. Chavée viendrait du vieux français « chemin creux ». À l’angle de ces deux rues se trouve l’ancien hôtel de Jean Preudhomme (1527), conseiller à la Chambre des Comptes puis receveur général du Barrois. À la différence d’autres demeures influencées par la Renaissance, celle-ci conserve un décor gothique avec ses deux dais sculptés.
Les cimetières de la ville
Installés depuis 1850 le long du chemin de Popey, le cimetière civil et son voisin militaire sont le reflet de l’histoire de la ville. Les tombes qu’ils conservent gardent en mémoire le passé des habitants. Certaines d’entre elles, du fait de leur forte valeur artistique, sont protégées au titre des Monuments Historiques. A Caturiges, comme partout dans l’Empire romain, les morts étaient ensevelis à l’extérieur du bourg, le long des routes. Au Moyen Âge, c’est à proximité de la seule église paroissiale de la ville – Notre-Dame – qu’est créé le « grand cimetière ». Seules les communautés religieuses et la famille ducale n’y sont pas enterrées. Une chapelle des morts est fondée en 1649 afin de recueillir les ossements, libérer de la place et éviter les épidémies. Néanmoins, par manque de place et par souci d’hygiène, le cimetière est désaffecté en 1813 et déplacé plus à l’Est au lieu-dit « Les Chènevières ». Dans l’ancien enclos ne reste que la chapelle de la famille Oudinot, construite en 1810. Mais dès 1849, les travaux liés à l’arrivée du chemin de fer dans la cité obligent les édiles à envisager un nouveau déplacement du cimetière. En 1850 est donc créé l’actuel cimetière Sainte-Marguerite dont le portail d’entrée est orné de symboles funéraires (sabliers). En 1857, la veuve du Maréchal Oudinot fait déplacer le caveau familial dans le nouveau cimetière. Les tombes présentent un large éventail de la sculpture funéraire des XIXe et XXe siècles. De la chapelle néogothique ornée de vitraux au monument romantique où le recours à l’allégorie met en exergue les valeurs du défunt, ces sépultures évoquent une période florissante de l’histoire de la cité barisienne. Signées Caveneget ou Auguste François, elles sont l’occasion de commandes à des artistes reconnus dans le département. Dès les premiers mois de 1915, la proximité du front de l’Est et la présence de six hôpitaux militaires dans la ville nécessitent la création d’un cimetière militaire spécifique. Celui-ci est accolé au cimetière civil et accueillera jusqu’à cinq mille soldats. Les croix blanches ornées d’une plaque métallique identifiant le défunt s’organisent autour d’un monument commémoratif inauguré en 1927 par Raymond Poincaré, alors président du Conseil. Quelques sépultures aux formes différentes évoquent les soldats appartenant à d’autres religions. Existe également à Bar-le-Duc un cimetière juif créé en 1832 non loin de l’actuelle rue de Maestricht.
Notre-Dame des jardins ouvriers
Cette statue fut bénie en 1946 par le chanoine Marcel Monflier. En cet endroit, plusieurs familles y cultivaient leur jardin potager. La statue d’origine a subi l’usure du temps et a été remplacée par celle-ci à l’été 2019. Elle provient de l’ancienne fonderie d’art et d’ornement Salin à Ecurey (près de Montiers-sur-Saulx) Point de vue panoramique sur la Ville Haute de Bar-le-Duc.
Château de Marbeaumont
Témoin de l’architecture de la Belle Époque, qui puise son inspiration dans les styles anciens, le château de Marbeaumont reflète la réussite sociale et économique de son propriétaire, le banquier Paul Varin-Bernier. Pourtant, sous cet éclectisme se dissimulent des techniques de construction et des matériaux très novateurs au début du XXe siècle. Propriétaire de la banque installée depuis 1812 boulevard de la Rochelle, Paul Varin-Bernier commande en 1903 à l’architecte Jules Renard une demeure située en périphérie de la ville, à l’emplacement d’une villa construite pour son père, Gabriel Varin-Bernier, en 1866. Le luxe et la richesse sont parfaitement exprimés à travers le style historiciste choisi par l’architecte : se mêlent ainsi l’architecture en brique et pierre de l’époque Louis XIII, les hauts toits à la française de la Renaissance, des motifs décoratifs évoquant les rois de France, et l’architecture de métal et de verre ornée de motifs floraux de l’Art nouveau. Si la pierre d’Euville, la brique, l’ardoise et le zinc donnent une apparence traditionnelle au château, les techniques de construction mises en œuvre sont extrêmement modernes pour l’époque. Ainsi, les dalles du sous-sol et du rez-de-chaussée sont en ciment armé, et la charpente, entièrement métallique, a été réalisée selon le procédé Eiffel par l’entreprise barisienne Dyckoff. Les Varin-Bernier disposaient également de tout le confort alors exigé par la haute bourgeoisie : ascenseur, téléphone, chauffage, eau froide et chaude et surtout électricité à tous les étages. La conception du parc à l’anglaise fut confiée à Philippe et Arbeaumont, paysagistes de Vitry-le-François, vers 1866-1869. Ses nombreuses allées ménagent des points de vue sur le château, dont l’aspect ostentatoire trouve un écho dans la richesse des couleurs et des formes des espèces rares présentes dans le parc (fau de Verzy, micocoulier, tulipier, arbre aux quarante écus…). Occupé par l’État-major allemand pendant la Seconde Guerre Mondiale, le château fut vendu à la Ville de Bar-le-Duc en 1946. Il abrite depuis 1996 la Médiathèque Jean-Jeukens, nom du maire à l’origine de cet achat. Visites guidées pour groupes,sur réservation, s'adresser à l'Office de Tourisme Sud Meuse.
L'Hôtel de Ville et son parc
Bâti à l’extérieur de la ville en 1803, l’actuel Hôtel-de-Ville est dû à la volonté du maréchal Charles-Nicolas Oudinot de posséder dans sa ville natale une habitation digne de sa position d’officier militaire. Construit entre cour et jardin selon les canons esthétique de l’époque, il fut acquis par la municipalité en 1868 afin d’y installer sa maison commune et offrir aux barisiens un parc verdoyant au cœur de la cité. La façade sur rue se compose d’un sobre corps de logis central avec deux ailes en retour précédés de deux bâtiments de service plus bas. Sur le jardin, la façade est agrémentée d’un ressaut central supportant un fronton triangulaire. Trois oculi et un large balcon animent cette partie. Détruit par un incendie en 1813, l’hôtel est reconstruit à l’identique peu après. Le maréchal Oudinot y reçut l’empereur Napoléon à plusieurs reprises qui préférait la résidence de son ami au bâtiment officiel de la préfecture. Le duc de Berry, neveu du roi Louis XVIII y sera également reçu en 1814. Néanmoins Oudinot délaisse quelque peu cette habitation au profit de sa demeure parisienne et du domaine de l’ancienne abbaye de Jean d’Heurs, acquis en en 1808. Tout comme dans cette résidence campagnarde, Oudinot accorde une place importante au parc qu’il fait dessiner selon la mode anglaise de l’époque. Des petites constructions, appelées fabriques, agrémentent cet ensemble par ailleurs traversé par le canal des Usines. Son ouverture au public après 1868 nécessite la réalisation de quelques aménagements comme le comblement de la pièce d’eau centrale devant la façade de l’hôtel ou la construction d’un Kiosque à musique en 1887 afin d’accueillir les concerts qui y sont organisés. En 1891, des grilles et une porte monumentale aux couleurs et symboles de la République sont édifiées devant la rue du château.
L'îlot de la Halle
XIIIe- XIXe siècle Lieu d’échanges, de stockage et de production, bénéficiant de nombreux privilèges, la halle est édifiée sous le règne du comte Thiébault II (1239-1291) pour canaliser les flux commerciaux de la ville. Au XVIe siècle, le duc réglemente les constructions afin d’harmoniser le bâti, jusqu’alors hétéroclite. Des constructions en pierre viennent entourer la halle, composée de galeries à arcades s’ouvrant sur une cour centrale. La morphologie actuelle de l’îlot n’a guère changé depuis le début du XIXe siècle, suite à un incendie qui a ravagé les galeries et les constructions situées du côté de la rue des Ducs de Bar. La fonction économique et commerciale de la halle se double rapidement d’une fonction judiciaire. Le rôle de la halle devient si important, qu’elle finit par donner son nom à toute la ville haute. Une belle demeure de style baroque, probablement la maison du portier de la halle, témoigne aujourd’hui de l’importance qu’a eu cet endroit. L’îlot se composait de la halle, de l’ancienne halle des bouchers, des boutiques et des habitations, mais aussi de l’auditoire ou palais de justice, d’une potence pour l’exécution des peines capitales, d’un beffroi, du four banal appartenant au seigneur où les habitants avaient obligation de venir cuire leur pain. La pierre remplace progressivement le bois dès 1542 lorsque le duc Antoine autorise les commerçants à bâtir autour de la halle. La cour centrale, pavée, est délimitée par une série de galeries à arcades. L’îlot est profondément transformé à la suite d’un violent incendie en 1788. La halle se compose désormais d’une seule galerie dans la partie est. En 1817, l’ensemble connaît encore des modifications, notamment l’obstruction des arcades donnant place Saint-Pierre, dont les traces sont encore visibles. Cœur économique de la cité, la halle voit son monopole économique contesté au fur et à mesure du développement de la ville basse. En 1821, elle perd définitivement sa vocation commerciale et connaît alors plusieurs affectations avant d’être vendue en lots à des particuliers au début du XXe siècle.
La vie des civils
En 1914, le parking où vous vous trouvez, était occupé par un marché couvert qui comportait, au 1er étage, une grande galerie. En 1916, on aménage cette galerie pour accueillir les parents peu fortunés des soldats blessés soignés à Bar-le-Duc. Ces visiteurs ont à leur disposition une salle commune, représentée sur cette photo, et des chambres à 3 lits. Des œuvres d’assistance leur apportent aide et réconfort. C’est le cas, par exemple, de la Société des Amis, une association religieuse britannique animée à Bar-le-Duc par des Anglaises très dévouées. De 1914 à 1918, le marché couvert est l’objet d’une grande animation mais les produits alimentaires sont plus rares qu’avant la guerre. Ils sont aussi plus chers, comme dans tous les commerces de la ville. Pour faire face à cette situation, la municipalité crée en 1914 des « fourneaux populaires » qui distribuent des repas et des produits alimentaires aux familles nécessiteuses et aux réfugiés. La Chambre de Commerce agit, elle aussi, tout au long de la guerre pour assurer l’approvisionnement de la ville en produits de première nécessité et pour peser sur les prix. Cela ne suffit pas, d’où l’action d’Émile Bugnon, un inspecteur primaire, qui fonde fin 1917 une coopérative d’achats en commun. Elle donnera naissance plus tard aux « Coopérateurs de Lorraine », une chaîne de magasins par succursales aujourd’hui disparue. Une plaque apposée rue du Tribel, à la Ville haute, en perpétue le souvenir.
Place Exelmans
Aménagée sur l’ancienne place de l’Abattoir, la place prend le nom de Remy-Joseph-Isidore Exelmans en 1874. Rebaptisée place Thiers entre 1878 et 1901, elle reprend son nom après la mise en place de la statue d’Émile Peynot rendant hommage au maréchal natif de la rue Bar-la-Ville toute proche. Dans la lignée des restructurations urbaines engagées par le baron Haussmann à Paris, une place de forme régulière, flanquée sur un côté d’immeubles collectifs, est aménagée en 1858 sur la rive droite de l’Ornain. L’abattoir aux porcs, qui occupait cet espace auparavant, est alors transféré rue du Port puis chemin de Popey. La Caisse d’Épargne s’installe dans un nouveau bâtiment en 1907 sur le côté Est de la place. Il est l’œuvre de Charles Royer, également auteur de la façade de la préfecture, et s’inscrit dans le courant historiciste de la fin du XIXe siècle. À l’image de la façade de la préfecture donnant place Reggio, les hauts toits d’ardoise aux cheminées monumentales et percés de lucarnes, les frontons et les fenêtres à meneaux caractérisent le style néo-Renaissance. De chaque côté, deux inscriptions rappellent l’importance donnée par l’institution à l’épargne et au travail. Le sous-équipement sanitaire des particuliers, lié à un souci d’hygiène croissant, entraîne la construction de bains-douches privés et publics. Charles Royer construit ainsi un établissement privé quai Sadi-Carnot (actuelle Chambre de Métiers) en 1888, tandis que la Caisse d’Épargne achète deux maisons place Exelmans pour y ériger une deuxième centre hydrothérapique en 1914, œuvre d’Edmond Royer. Il rencontre un grand succès, rendant nécessaire son extension en 1933. En 1945, il ferme et est transformé en accueil des jeunes puis en centre médico-psychologique. Située à l’origine au centre de la place, la statue réalisée en 1898 par Émile Peynot, secondé par son élève Léon Roussel, rend hommage au Maréchal Exelmans (1775-1852). Ce dernier est représenté debout, en tenue d’apparat, la main sur la garde de son épée. Les inscriptions gravées sur le piédestal relatent ses services militaires. La Renommée de bronze qui ornait la partie basse du socle fut fondue en 1941.
Tour de l'Horloge
Vestige des anciennes fortifications, elle doit son nom au « gros horloge » installé en 1381 par le duc Robert pour les gens du château. Elle tient dès lors une place considérable dans la ville, alertant les Barisiens d’une attaque ennemie ou d’un incendie, sonnant le couvre-feu, l’ouverture du marché, ou accompagnant les cérémonies. Chère au cœur des Barisiens, rythmant leur vie quotidienne, la tour est visible depuis tous les quartiers de la ville. Trois cadrans sont successivement installés de chaque côté : le premier en 1381, le deuxième en 1608 destiné aux habitants de la ville basse et le dernier en 1752 pour ceux de la ville haute. Le cadran actuel orienté vers la ville basse est restauré en 1994 selon la facture d’origine. La tour échappe au démantèlement de 1670 du fait de son utilité, mais elle est fortement mutilée en son flanc lors de la destruction des murailles. Elle perd alors son aspect circulaire ainsi que son cadran orienté vers le château. Seuls ses soubassements remontent au XIIe ou au début du XIIIe siècle. L’édifice avait déjà subi des modifications dans sa partie supérieure après les incendies de 1500 et de 1639. Sa toiture est à nouveau restaurée après un sinistre survenu en 1940. À ses pieds, descendent vers la ville basse, les quatre-vingts degrés, escalier restauré en 1713 à la demande de Jacques Stuart, « Chevalier de Saint-Georges » alors hôte du duc de Bar. Cet escalier est scindé en deux lors de l’aménagement de l’avenue du Château au XIXe siècle.
Le ravitaillement du front
De 1914 à 1918, Bar-le-Duc est une ville « d’arrière-front ». C’est l’expression qui sera employée lors de la remise de la Croix de Guerre à la Ville en 1920. Bar-le-Duc occupe effectivement une position charnière entre l’arrière et le front. Par elle, transitent soldats, matériel et approvisionnements en vivres et en munitions destinés aux combattants du secteur de Verdun. Les ressources venues de l’arrière sont d’abord regroupées à Saint-Dizier, à 25 km au sud-ouest de Bar-le-Duc et à la gare de Baudonvilliers, tout près de là, avant d’être acheminées à Bar-le-Duc par le train, via Revigny, ou par la route. De Bar-le-Duc à Verdun, deux voies de communication jouent ensuite un rôle capital : la petite ligne de chemin de fer dite « le Meusien » et, surtout, la route Bar-le-Duc-Verdun, qui sera bientôt connue sous le nom de « Voie sacrée ». Pour la première fois, une route est réservée à la circulation automobile. Elle devient très vite un véritable cordon ombilical. Une commission militaire la gère à la fois de façon draconienne et très efficace. Dès le premier mois de la bataille, 800 camions de troupes et 600 camions de munitions et de matériel partent chaque jour pour Verdun. Cette réussite logistique est l’un des facteurs qui a permis aux soldats de Verdun de tenir bon. La place Exelmans, où vous vous trouvez, servait alors de parc de camions. Des véhicules étaient prêts à monter sur Verdun et à en revenir avec des troupes relevées du front et des blessés.
Ligne de chemin de fer Paris - Strasbourg
Voulue par l’État en 1841 et décidée par une loi en 1849, la construction d’une voie ferrée reliant Paris à Strasbourg est actée. Elle est construite par tranches successives et la partie comprise entre Vitry-le-François et Nancy fait l’objet de nombreuses tractations car toutes les villes souhaitaient pouvoir être reliées à ce nouveau mode de transport. Le rôle actif des édiles barisiens (le Maréchal Oudinot et le député J.L. Gillon en tête) concrétise le passage du réseau ferré par le chef-lieu du département de la Meuse : Bar-le-Duc. L’exploitation est confiée à la Compagnie du Chemin de Fer de l’Est (intégrée en 1938 à la Société Nationale des Chemins de Fer). Le premier train fait son entrée dans Bar-le-Duc le 29 mai 1851 et l’ensemble de la ligne est mis en service l’année suivante.
Monument aux Morts
Comme la plupart des communes de France, Bar-le-Duc érige au lendemain de la guerre un monument à la mémoire de ses enfants disparus durant le conflit. Elle fait appel pour cela au sculpteur Émile Peynot, professeur à l’École nationale supérieure des Beaux-Arts. Le monument est réalisé sur place, comme on le voit sur la photo, et inauguré en mars 1925. Il se présente sous la forme d’une pyramide tronquée, décorée de deux motifs principaux. En haut, une femme debout, drapée dans des vêtements de deuil, personnifie le Souvenir. Elle s’appuie sur un faisceau de lauriers destinés aux vainqueurs et tend une gerbe de fleurs à ceux qui ne sont pas revenus. En avant, sept combattants de tous âges et de toutes conditions symbolisent la Nation défendant le sol natal. L’un d’eux est déjà tombé. Les autres (un jeune appelé, un vieux territorial, un bourgeois, un ouvrier, un paysan…) sont prêts à passer à l’attaque. Le nom des victimes (35 civils et 591 militaires) n’est pas inscrit sur le monument lui-même mais sur une plaque imposante scellée sur un mur au premier étage de l’hôtel de ville. Le monument doit être démonté durant l’année 2016 pour être installé près de la gare SNCF. Un autre monument honore les morts du 94e Régiment d’Infanterie « La Garde », l’unité qui était, avant la guerre, en garnison à Bar-le-Duc. Il se dresse dans la cour de l’actuelle cité administrative, l’ancienne caserne de ce régiment.
Hôtel de la Préfecture de la Meuse
Au cœur du quartier du Bourg, le site de la préfecture a concentré au fil des siècles des fonctions religieuses, hospitalières, politiques et administratives. Les bâtiments de la résidence officielle du préfet de la Meuse témoignent aujourd’hui de ce riche passé. A proximité d’un premier château fort, une église dédiée à saint Denis est fondée au Haut Moyen Âge. Elle fut pendant longtemps le seul établissement religieux de la rive gauche, avant sa destruction au début du XIXe siècle. Les bénédictins du prieuré de Notre-Dame créent au XIIe siècle, en lieu et place du château, une Maison-Dieu destinée à prodiguer les soins aux malades et l’assistance aux plus démunis. En 1382, le duc Robert le Magnifique confi e à l’ordre hospitalier monastique des Antonistes le soin d’administrer cette institution. Une partie des bâtiments conventuels reconstruits au XVIIIe siècle constitue le noyau de l’actuelle préfecture. Un escalier, une rampe en fer forgé, des niches sculptées et le jardin datent de cette époque. La façade néo-classique construite sur la rue du Bourg par l’architecte départemental Dubois en 1821, annonce de façon ostentatoire la nouvelle vocation officielle de ce bâtiment de la République. Ce n’est qu’en 1906 qu’est édifiée par l’architecte départemental Royer la façade s’ouvrant sur la place Reggio. Cette construction, permise par la démolition de l’ancienne mairie en 1867 mais retardée par la guerre de 1870, s’inscrit dans le courant historiciste du XIXe siècle. Les hauts toits munis de cheminées monumentales, les lucarnes ornées de frontons et les larges ouvertures à meneaux, évoquant par leur forme la croix de Lorraine, inscrivent cette nouvelle aile dans la lignée des constructions néo-Renaissance traditionnellement réservées aux hôtels de ville. De cette même époque date l’aile ouvrant sur la rue du Bourg qui abrita jusqu’en 1968 les Archives départementales.
Hôtel le Marlorat
Maison de naissance d’Augustin Marlorat, grande figure de la Réforme, en 1506 et, en 1509, de Martin, son frère, qui sera du camp de la Contre-Réforme. Orphelin très jeune, Augustin est confié par son tuteur à la communauté des Augustins de Bar, alors que, né en 1506 dans l’Hôtel sis actuellement au 54, rue des Ducs-de-Bar, dans une lignée de juristes de la cour des comptes de Bar, il aurait dû, comme aîné, hériter des biens, des livres de droit et de la charge de son père. C’est son cadet, Martin Le Marlorat, qui le fera. Augustin dira plus tard, à son procès, qu’il n’avait pas défroqué, puisque le faire « entrer en moinerie » avait été une manœuvre pour s’emparer de son bien. Ayant étudié les Écritures, les langues des humanités, Augustin prononça ses vœux en 1524. Moine augustin, lettré, fin prédicateur, prêtre, puis converti à la cause réformée pour s’être trop approché des thèses qu’il entendait combattre, il dut, après avoir renoncé à son statut et à sa charge, s’enfuir à Genève. D’abord correcteur d’imprimerie, notamment pour l’hébreu, il devint collaborateur de Calvin, commentateur, humaniste, ami de Théodore de Bèze, pasteur à Vevey et à Crissey. Lorsque les protestants de Rouen l’appellent en 1561, parce qu’ils manquent de pasteurs et de prédicateurs, il prend le risque de rentrer au royaume de France. Il adresse alors à la régente Catherine de Médicis sa « Remontrance à la Royne, mère du Roy par ceux qui sont persecutez pour la parolle de Dieu en laquelle ils rendent raison des principaux articles de la Religion, et qui sont aujourd’hui en dispute ». Celle-ci réunit à Poissy puis à Saint-Germain, des colloques, entre réformés et non réformés, où Augustin Marlorat est présent, y compris, en janvier 1562, pour répondre aux objections de la Sorbonne. Ce travail de recherche des conditions d’un « vivre ensemble », aboutira bien à la reconnaissance, par Catherine de Médicis, de « la nouvelle religion », l’édit de janvier 1562. Mais dès le 1er mars, à peine deux mois après, a lieu le massacre de Wassy. Les catholiques, incités par les Guise, à reprendre le terrain perdu, prennent les armes pour se rendre maîtres des villes acquises aux protestants. Fin octobre 1562, Augustin Marlorat, lors de la prise de Rouen, sera capturé, supplicié, pendu et décapité. Son œuvre est constituée de commentaires, d’index pour les éditions du Nouveau Testament, de la Genèse, de la Sainte Bible, des Prophéties d’Isaïe, du livre de Job. Il a collaboré avec Calvin, par les citations des Écritures et leur commentaire, à l’Institution de la religion chrétienne. Il a composé un Thesaurus des Écritures Saintes ainsi que cent cinquante oraisons ou prières en prose française a la fin de chacun des cent cinquante psaumes de David traduits en rimes par Clément Marot et Théodore de Bèze. Martin Le Marlorat put étudier le droit, probablement à Paris. D’abord notaire au tabellionnage de Bar, il fut procureur et receveur au Petit Couvent des sœurs grises. Ennobli en 1556 après son mariage avec Jeanne de Bar, elle-même de noble lignage, il est autorisé à porter blason, d’azur à une croix recroisetée d’or, et devise (Cruce cresco : « la croix m’accroît ». Après avoir occupé la fonction de conseiller auditeur en la chambre des Comptes, il fut appelé, en 1566, à la charge très importante de procureur général au baillage de Bar. Monseigneur Aimond, dans son Histoire de Bar-le-Duc, souligne que le propre frère du théologien de la Réforme Augustin Marlorat, Martin le Marlorat, « se signala par son zèle à poursuivre les Réformés à Bar et dans les environs », en 1572, par un édit intimant à tout huguenot de vendre tous ses biens et d’émigrer dans le délai d’un an, édit suivi par exemple par Jean Errard l’ingénieur qui dut partir en France et par Ligier Richier le sculpteur qui quitta le duché pour aller à Genève. Le quatrième fils de Martin, mort dans cette maison en 1638, Gabriel Le Marlorat, conseiller auditeur, comme son père, en la Chambre des Comptes à partir de 1601, rédigea son journal de juriste qui éclaire l’histoire de Bar de 1605 à 1632.
Église Saint-Antoine
XIVe siècle- Fondé par le duc Robert le Magnifique dans le nouveau quartier qu’il vient de créer à l’est du Bourg sur le “Pré-Dieu”, le couvent des Augustins recevra de riches dotations lui permettant d’agrandir et d’embellir son église à plusieurs reprises. Après la Révolution et la disparition du couvent, l’église devient le siège de la paroisse Saint-Antoine. En 1371, le duc Robert fait appel aux ermites de Saint Augustin, déjà présents dans le diocèse, pour occuper le couvent qu’il vient de fonder dans ce quartier créé ex-nihilo sur un terrain marécageux. L’édifice est construit de 1372 à 1376 et se compose d’une nef unique voûtée d’ogives et d’un chœur pentagonal supportés à l’extérieur par des contreforts. De belles peintures murales, représentant notamment les saints patrons du duc et de son épouse Marie de France, petite fille de saint Louis, ont été mises au jour au cours des XIXe et XXe siècles. Le clocher autrefois construit au milieu de la nef est reporté au XIXe siècle à son extrémité sud. De part et d’autre de l’église se trouvaient le cloître, à l’Est, et le cimetière des moines, à l’Ouest. Très vite après sa fondation, un grand nombre d’habitants du Bourg et de la Neuve-ville adoptent ce nouveau lieu de culte et abandonnent l’église paroissiale Notre-Dame située à l’extérieur des remparts. Dès le début du XVe siècle, la nef doit être agrandie de trois travées, enjambant ainsi le canal des Usines et ouvrant sur l’ancienne rue des Étuves. La multiplication des donations pieuses permet de construire cinq chapelles latérales. La chapelle Notre-Dame de Pitié, construite hors-d’œuvre le long de l’abside fera l’objet de pèlerinages avant sa destruction au XVIIIe siècle. De vifs débats animent l’ordre monastique au moment des guerres de Religion. Jean Chastelain et Augustin Le Morlorat tentent d’y introduire la réforme luthérienne. Au XVIIe siècle, l’ordre se réforme et connaît un nouvel essor. C’est de cette époque que date la chapelle Saint Jean-Baptiste, remarquable par sa voûte ornée de caissons peints aux armes de ses commanditaires. En 1640 est bâtie la chapelle Notre-Dame de Lorette dans laquelle un dôme à oculus laisse abondamment pénétrer la lumière.
Les écoles de Hinot et de Blainot
En1957, la création de lotissements amenant de nouveaux élèves, les écoles de la rue de l’Étoile deviennent trop exiguës et une nouvelle école primaire de filles et de garçons est construite, allée des Rosiers : l’école de Hinot (transformée en Service Départemental d’Incendie et de Secours depuis 2001). Pendant les travaux, deux classes de filles furent transplantées au château de Marbeaumont et une dans un préfabriqué installé dans le parc. Dix ans plus tard, l’école des garçons de la rue de l’Étoile ne répondant plus aux besoins, l’école de Blainot est bâtie, rue du Sergent-Ferrette sur une partie du terrain de la propriété Ferrette. Il s’agit d’un bâtiment moderne, construit dans un cadre agréable et ce, par l’entreprise Toletti. L’établissement comprend alors neuf classes primaires et deux classes maternelles. Grâce à ce nouveau bloc scolaire, tous les garçons de l’école de Marbot se retrouvent à Blainot et les locaux de l’école de Hinot sont entièrement réservés aux classes de filles. En 1982, l’école de Blainot est nommée école Gaston-Thiébaut en hommage à l’ancien député de la Meuse (1898-1982) qui résidait à proximité lorsqu’il prit sa retraite à Bar-le-Duc. L’école a connu des agrandissements en 1998 pour accueillir le transfert de l’école de Hinot (4 classes primaires de filles). C’est maintenant la seule école maternelle et primaire du quartier.
Terrasses de Griesheim
Créées en 2012 pour célébrer le jumelage avec la ville allemande, elles ont remplacé les petits lavoirs du Moyen-Âge des anciennes maisons de la rue de Four donnant sur l’Ornain.
Caturiges et les origines de la ville
Hormis quelques vestiges celtes antérieurs, les témoignages d’une occupation du site de Bar-le-Duc datent du 1er siècle de notre ère. Fondée sur la rive droite de la rivière Ornain, Caturiges n’est alors qu’un relais de poste gallo-romain – une “statio” – sur la route de Reims à Toul, au cœur du territoire des Leuques. La voie prétorienne qui traverse Caturiges correspond au tracé de l’actuelle rue des Romains. Attestée dans les textes par la table de Peutinger, grande carte de géographie des itinéraires de l’Empire romain au IIe siècle, Caturiges tire sans doute son nom de la divinité gauloise de la guerre « Caturix ». Elle se développe sur un axe de passage au fond de la vallée de l’Ornain. Constituée d’une maison de poste (mutatio), d’une hôtellerie (mansio) et de quelques maisons d’artisans et de commerces, l’agglomération s’installe autour d’une dérivation du Naveton. Les fouilles archéologiques menées dans ce quartier lors des grands chantiers du XIXe siècle (chemin de fer, canal) ont mis au jour de nombreux objets conservés depuis lors au Musée barrois : monnaies, statuettes, stèles funéraires... Alors que Nasium - la plus grande cité gallo-romaine de la civilisation leuque - perd peu à peu de son importance, la petite bourgade s’étend vers l’amont et prend le nom de Barrivilla au Haut Moyen Âge. Au moment de sa christianisation, un premier sanctuaire, rattaché au diocèse de Toul, s’élève dans ce faubourg. Après le passage dévastateur des Huns en 451, la ville mérovingienne croît et s’étend de part et d’autre de l’Ornain créant un nouveau quartier accolé à la colline de Bar : le Burgum Barri. En aval, le quartier de Couchot, cœur de l’ancienne Caturiges, tire son nom de sa situation à l’Ouest, au couchant de la ville actuelle.
Le Conseil des Prud'hommes
Demeuré dans son dispositif d’origine, cet hôtel présente un ordonnancement très rigoureux où prime avant tout le paraître. La porte, placée entre deux colonnes à chapiteaux, est surmontée d’un entablement orné de deux vases. Au-dessus des encadrements moulurés des fenêtres, les frontons sont diversement entrecoupés et le cartouche du premier étage a perdu ses motifs. Au grenier les pilastres séparant les fenêtres sont dépouillés des gargouilles qu’ils portaient. La cour, parfois accessible, montre une façade postérieure plus sobre et une galerie soutenue par une série de puissantes consoles richement travaillées.
Le canal de la Marne au Rhin
Le canal de la Marne au Rhin, long de 314 km, comporte 178 écluses. Il relie la Marne (Vitry-le-François) au Rhin (Strasbourg). Les premiers projets de construction du canal remontent aux années 1780. Sa mise à l’étude fut réalisée à partir de 1826. Commencée en 1836, le canal fut mis en service en 1853. Une première portion a été ouverte dès 1851 entre Vitry-le-François et Nancy. Le pont-levis de la rue de Saint-Mihiel était à l’origine, au XIXe siècle, un pont tournant avec une passerelle métallique pour piéton. Il est transformé en 1990 en un pont semi-automatique à double sens de circulation. 400 bateaux de plaisance et 300 péniches y passent chaque année (chiffres 2015). L’activité économique prospère le long du canal : ports privés, gare d’eau, entrepôts (blé, fonte brute, bois et charbon, matériaux de construction (Collot, France Lanord et Bichaton), magasins (magasins généraux de la chambre de commerce…), silo métallique de la coopérative agricole, scieries (Parisot- Minot, Medernach-Kayser…), machines agricoles (Parisot-Minot…). C’est à Bar-le-Duc, en 1903, qu’est expérimentée la première motorisation sur une péniche (le Petit Pierre). Le moteur inventé par l’allemand Rudolf Diesel est adapté par le français Frédéric Dyckhoff (1853-1910), ingénieur de Bar-le-Duc dans une usine située à Longeville. Sa société (Société française des moteurs Diesel à combustion interne) obtient le grand prix de l’exposition universelle de Paris de 1900. Dyckhoff revend l’usine de Longeville en 1912 et elle deviendra plus tard la fonderie Utard.
Le quartier de la Côte Sainte-Catherine
Bien avant les immeubles du projet de la Côte Sainte-Catherine, des vignes occupaient le coteau depuis le XIIe siècle jusqu’au XIXe siècle. Les premiers bâtiments sont construits dès 1964 et sont une réponse à la crise du logement engendrée par le « baby boom » après la Seconde Guerre Mondiale. Cet ensemble est soumis à un plan de conception neuve qui favorise un logement égalitaire comme le préconisait Le Corbusier. A partir des années cinquante, les grands ensembles connaissent un essor important dû à l’apparition des moyens de transport mécaniques et au besoin urgent de créer des logements décents. Optimiser l’espace de la ville devenant donc primordial pour un développement organisé, le maire Pierre Marizier fait adopter en 1953 un plan d’urbanisme qui comprendra plus tard le projet de la Côte Sainte-Catherine. C’est à l’architecte et urbaniste Lanfranco Virgili, élève de Le Corbusier, que ce dernier est confié. D’importants travaux de terrassement sont effectués pour viabiliser le terrain. Les couleurs favorisent l’horizontalité, ce qui, combiné à la faible hauteur des constructions, permet d’intégrer l’architecture à la nature. Les espaces sont organisés de façon compartimentée selon la fonction, comme par exemple la hiérarchisation du réseau de circulation suivant la fréquentation. Dans les logements, les pièces de vie sont orientées vers le Sud de manière à privilégier l’ensoleillement. La construction en petites unités est donc nécessaire pour répondre à ces besoins qui visent à améliorer le confort et le quotidien. Autour des bâtiments, des espaces verts (aussi appelés espaces de loisirs) sont établis en proportion importante : 15 m² par habitant en 1975. De nombreuses infrastructures sont comprises dans le projet, tels le centre commercial, le centre social, les groupes scolaires, etc. L’emplacement de l’hôpital est également prévu dès l’origine du programme.
Maison Damain
Seule demeure de la ville à présenter l’esthétique de l’Art Nouveau où architecture et décor forment un ensemble cohérent et harmonieux, cette maison fut construite par l’architecte barisien Jules Renard pour mettre en valeur l’activité du peintre-décorateur Léon Damain (1872-1947). Une plaque émaillée au dessus de la porte cochère latérale conserve le souvenir de cet artiste barisien issu d’une famille de peintres. Léon Damain est avant tout décorateur. Entre les XIXe et XXe siècles, son style évolue du néogothique vers l’Art Déco en passant par les lignes souples et fleuries de l’Art Nouveau. De sa formation à l’École Nationale des Arts Décoratifs de Paris, il retient le souci d’un décor très couvrant où architecture et ornements forment une œuvre d’art totale. À Bar-le-Duc, la préfecture, les églises Notre-Dame et Saint-Antoine, le château de Marbeaumont, où il collabore aussi avec l’architecte Renard, conservent encore quelques-uns de ses ensembles. La maison qu’il fait construire afin d’y installer un magasin et un lieu d’exposition se doit donc de montrer cette symbiose entre les arts. Non sans ostentation, elle est conçue autour d’un pavillon d’angle qui reprend les matériaux de l’architecture classique : pierre de Savonnières, tuiles plates en écaille. La superposition des baies autour d’un bandeau central et le recours à des chainages d’angle en pierre de taille sont également des références à l’art classique. Néanmoins, ce bâtiment s’en distingue par les formes souples et arrondies utilisées tant dans la taille de pierre que les matériaux du second œuvre. Les larges baies vitrées du second étage et du bow-window sur la cour marquent le souci de concilier la recherche de confort et celle d’une esthétique nouvelle. Les lignes « en coup de fouet » où courbes et doubles courbes s’enlacent et s’opposent sont notamment visibles sur le garde-corps du balcon, les impostes des fenêtres ou encore le mur de la cour et les lucarnes du toit. Le recours à une iconographie végétale (fleurs de tournesol) trahit également la forte influence de l’École de Nancy. Du décor intérieur d’origine ne subsistent que quelques éléments épars (cage d’escalier, cheminée, vitraux), la maison ayant été réquisitionnée et occupée pendant la Seconde Guerre mondiale.
L'Hôtel de Ville
Le vaste bâtiment de l’hôtel de ville a été très convoité par les services de l’Armée à partir de 1916. Il abrite pendant deux mois, en mai et juin 1916, le quartier général du général Pétain, lorsque ce dernier est remplacé par le général Nivelle à la tête de la IIe Armée et du secteur de Verdun. C’est Joffre, le général en chef des armées françaises, qui avait nommé Pétain pour repousser l’offensive sur Verdun déclenchée par les Allemands le 21 février 1916. Pétain installe alors son quartier général à Souilly, à mi-chemin entre Bar-le-Duc et Verdun. Il prend très vite des mesures fort efficaces pour contenir la formidable poussée allemande. Il refuse toutefois de lancer la contre-offensive que souhaite Joffre si ses demandes de renforts ne sont pas satisfaites. Joffre ne cède pas. Pétain fait l’objet d’un « limogeage poli ». Il est nommé à la tête du Groupe d’Armées du Centre, qui coiffe la IIe Armée. Le 1er mai 1916, il s’installe avec son quartier général à la mairie de Bar-le-Duc. Il le transférera à la fin juin 1916 au château de Nettancourt, à une vingtaine de kilomètres de Bar-le-Duc. À l’hôtel de ville, Pétain et son état-major occupent notamment la salle du conseil et la salle des mariages. D’autres services de l’armée française feront de même par la suite. Des unités américaines les remplaceront même un moment à l’automne 1918, en particulier l’état-major de la 3e division américaine. Une plaque apposée près de l’entrée de l’hôtel de ville rappelle l’intervention américaine dans la guerre.
La Ville Haute
Se développant autour du château des comtes puis ducs de Bar, la ville haute offre un des plus beaux ensembles Renaissance de France. Très tôt, les princes de Bar octroient des privilèges importants à ce quartier afin d’attirer et de maintenir une population aristocratique à proximité du château. Ces notables, laïcs ou ecclésiastiques, participent à la gestion des affaires du Barrois. La ville haute, appelée aussi la Halle, devient ainsi le centre politique, économique et judiciaire de la ville. Pour protéger ce quartier et en vue de son développement, le comte Henri II (1214-1239) décide de fortifier « la montagne de Bar », cet éperon rocheux (alt. 239 m) qui domine la vallée de l’Ornain. Il y transfère les activités marchandes de la cité. Mais c’est à partir du XVe siècle que la ville haute connaît ses plus grandes transformations : même si le souverain n’y réside plus régulièrement ses visites, entourées d’une brillante cour, notamment composée d’artistes, sont l’occasion d’embellissements au château et dans le quartier. Relativement épargnée par les guerres de religion du XVIe siècle, Bar-le-Duc connaît une véritable prospérité économique jusque vers 1630. C’est le « beau XVIe siècle », marqué par la multiplication des constructions en pierre de taille. Le bois, le torchis et les encorbellements disparaissent et laissent la place à des façades d’aspect plutôt sobre, caractéristique du style lorrain, et marquées par l’influence de la Renaissance italienne. Avec les remparts et le château, le quartier conserve son caractère médiéval jusqu’en 1670, date de leurs destructions. Privé de la présence des ducs qui préfèrent résider à Nancy, le quartier décline peu à peu au profit de la ville basse, où se développent le commerce et la bourgeoisie à partir du XVIIIe siècle. Avec la Révolution, l’ensemble des activités administratives et économiques migre dans la vallée. Paradoxalement, c’est à ce déclin que nous devons d’avoir gardé presque intact cet héritage architectural.
Parc de l'Hôtel de Ville
De style dit « à l'anglaise », Le Parc de l’Hôtel de Ville offre une surface de promenade champêtre de 2 hectares en plein cœur de la ville. Ce Parc a été réalisé à partir de 1805 pour agrémenter la demeure du Maréchal Oudinot, aujourd’hui l’Hôtel de Ville. Il n'a pas subi de transformations majeures, il conserve d'ailleurs plusieurs dispositions d'origine dont un belvédère circulaire à flanc de coteau. De nombreux massifs fleuris l'agrémentent et lui donnent une atmosphère très colorée où il fait bon se promener à l'ombre de magnifiques arbres qui datent, pour certains, de la création du parc.
Place des Minimes
Emplacement d’une ancienne propriété avec habitation et jardins, appartenant à Jean Vincent, président de la Chambre du Conseil et des Comptes à la fin du XVIe siècle. Sa fille offrit la propriété à l’ordre des Mimines qui y installèrent leur couvent en 1618 jusqu’à la Révolution française. Au XIXe siècle, il est remplacé par le marché couvert, qui est détruit dans les années 1970 ; les bâtiments ont laissé place depuis à un parking.
Quartier Renaissance
Témoin des riches heures de l'ancien Duché de Bar et de Lorraine, Bar-le-Duc vous invite à une découverte en toute indiscrétion du quartier de la Ville Haute qui constitue un des ensembles urbains Renaissance les plus remarquables de France. Labellisée "Ville d'art et d'histoire", Bar-le-Duc dissimule de précieux témoignages de l'architecture du 16ème siècle : frontons sculptés, pilastres cannelés ou encore gargouilles en surplomb, autant de curiosités qui nous rappellent combien le passé fut prestigieux en ces lieux !
4, rue François de Guise
Cette maison apparaît sur la gravure anonyme du château de Bar, dans la « description de la ville de Bar faicte l’an 1617 », conservée à la médiathèque. Elle apparaît encore dans le plan du château de Bar-le-Duc réalisé par Monluisant en 1754-1766, sous le nom de « bâtiment du chapitre » avec comme date de construction le XVIe siècle. Une église « la collégiale Saint-Maxe » détruite après 1790, occupait l’actuelle esplanade du château à peu près à l’emplacement actuel de la grille d’accès au Musée : une collégiale est une église dotée d’un « chapitre de chanoines » et la maison 2 et 4, rue François de Guise était le logement du doyen des chanoines, appelé encore sur d’autres plans « logis décanal », c’est-à-dire logis du doyen. Gilles de Trèves y a habité. À l’Ouest de la maison se trouvait la « maison des prêtes », aujourd’hui détruite. À l’Est, s’étendaient les jardins du château. Après la Révolution, la maison est vendue comme bien national. Elle est achetée en 1793 par Nicolas Louis Henriquet, conseiller de Préfecture. Celui-ci achète encore divers terrains et procède avec la ville à des échanges qui donnent à la rue François de Guise son allure actuelle vers 1820. Après sa mort en 1824, sa veuve vend la maison à Monsieur de Fiennes, dont la veuve vendra à son tour en 1859 à Monsieur Nicolas Moinot, arrière-arrière-grand-père des actuels occupants. La maison, construite en pierre de Savonnières et de Brillon, est composée d’éléments datant de différentes époques. La partie Ouest est construite au XVIe siècle sur une cave ayant fait partie du système de défense du château, et remontant vraisemblablement pour ses plus anciens éléments au XIVe siècle. Des pièces adjacentes sont ajoutées ultérieurement, les dernières datant de 1706. Au XVIIIe siècle, la façade Est retravaillée : on y dessine au 1er étage quatre emplacements de fenêtres pour assurer la symétrie avec les fenêtres du rez-de-chaussée. Le petit pavillon en briques situé au 4 bis, rue François de Guise est une construction du XIXe siècle, destinée à l’origine à abriter une voiture à cheval, deux chevaux, et un grenier à foin.
Boulevard de la Rochelle
Principale artère commerçante de la ville, le boulevard de la Rochelle n’était à l’origine qu’un chemin de terre reliant le faubourg d’Entre-Deux-Ponts et le Grand Pont-Neuf. Le développement du commerce en Ville basse à partir de la fin du XVIIIe siècle nécessite la réorganisation des flux sur cet axe situé à l’extérieur des anciens remparts médiévaux. Le boulevard de la Rochelle doit son nom à la propriété construite vers 1580 à cet emplacement par Jean Vincent, président de la chambre des comptes du Barrois, anobli par le duc Charles III. Son allure fortifiée faisait penser à une « Rochelle », mot ancien pour désigner un château fort. De nombreuses maisons se construisent ensuite de part et d’autre de cette rue donnant naissance au boulevard actuel. A la demande du duc Léopold, la chaussée est mise en état à partir de 1724. Plantée d’arbres au début du XIXe siècle, elle devient un lieu de promenade pour les habitants. La façade de l’église Saint-Jean qui ferme la perspective fut construite en 1939. En 1618, la fille de Jean Vincent, propriétaire de la « Rochelle », fait don de son domaine à l’ordre des Minimes dont la vocation est la prédication et l’enseignement. Après la Révolution, le couvent est détruit et remplacé par des abattoirs sur les bords de l’Ornain et un marché couvert, à son tour détruit en 1972. La toponymie et une façade sur le boulevard conservent la mémoire des lieux. Avec le développement de l’activité commerçante, les rez-de-chaussée des maisons sont transformés en magasins et de nouvelles constructions sont réalisées. Plusieurs établissements bancaires édifient des bâtiments devant inspirer la confiance des clients. À l’exemple de la banque construite par Paul Varin-Bernier en 1910, ces édifices présentent un décor néoclassique opulent. Construit en 1926 selon les mêmes principes, l’hôtel principal des postes fit l’objet de critiques sévères. Avec les vitraux de Gruber qu’il renferme, il constitue néanmoins aujourd’hui un témoignage important de la présence du style Art Déco à Bar-le-Duc.
L'Hôtel de Florainville
Construit pendant la Renaissance pour la famille de Florainville, proche des ducs de Bar, cet édifice domine la place Saint-Pierre par la richesse de son ornementation. Elle fut complétée au XVIIIe siècle lorsque l’hôtel devient le siège de la municipalité. La première mention écrite de ce bâtiment remonte à 1628. Il est alors occupé par la famille de Florainville, originaire de Luxembourg qui le tient en fief des ducs de Bar. Au XVIIe siècle, il est également dénommé Hôtel de Meuse en raison du baron de Meuse, son propriétaire. Devenu en 1752 propriété de la Ville de Bar-le-Duc, il accueille l’Hôtel de Ville jusqu’en 1794 avant son installation en ville basse à proximité de la préfecture actuelle. C’est donc ici qu’est reçue par les édiles, le 10 mai 1770, la princesse Marie-Antoinette d’Autriche, en route vers Compiègne où elle épousera le futur roi Louis XVI. Après avoir hébergé une compagnie militaire de réserve de 1805 à 1814, l’hôtel devient le siège du musée municipal lorsque celui- ci est fondé par l’architecte Théodore Oudet et le maire Paulin Gillon en 1841. Depuis 1949, il accueille le Tribunal de Grande Instance puis la cour d’assise. On peut dater sa construction des années 1560-1580. Comme les autres hôtels de la place, il est construit en pierre de Savonnières et comporte trois niveaux dont un étage d’attique ouvert par des lucarnes cintrées. Il s’en distingue néanmoins par son haut toit en pavillon d’ardoises. De la Renaissance sont toujours visibles les fenêtres à meneaux du rez-de-chaussée, les bandeaux moulurés rythmant la façade horizontalement et les pilastres d’ordre dorique qui soulignent la verticalité de l’élévation. La transformation de cette résidence privée en un édifice public au XVIIIe siècle conduit à la mise en place d’un perron devant la porte d’entrée, l’agrandissement des baies du premier étage et la création de deux balcons sur consoles ornés de garde-corps en fer forgé attribués à Jean Lamour, l’auteur des grilles de la place Stanislas de Nancy. Ces grilles comportaient à l’origine des lys de France et des barbeaux. Les armes de la famille de Florainville qui ornaient la façade ont été remplacées par celles du royaume de France et celles du duché de Bar surmontées de la devise latine « les hauts faits résonnent »
La gare
Le premier train fait son entrée dans Bar-le-Duc le 29 mai 1851 au moment de la création d’une ligne reliant Paris à Strasbourg. Située à mi-parcours, la ville bénéficie du développement de l’activité économique qui lui est liée. À proximité du canal de la Marne au Rhin inauguré la même année, la gare joue un rôle central dans le développement urbain de la cité au XIXe siècle. Voulue par l’État en 1841, la ligne Paris-Strasbourg est construite par tranches successives. La partie comprise entre Vitry-le-François et Nancy fait l’objet de nombreuses tractations, toutes les villes souhaitant pouvoir être reliées à ce nouveau mode de transport. Mais le rôle actif des édiles barisiens (le Maréchal Oudinot et le député J.L. Gillon en tête) concrétise le passage du réseau ferré par le chef-lieu du département de la Meuse. La Compagnie du Chemin de Fer de l’Est est chargée d’exploiter ce réseau jusqu’en 1938, date de création de la Société Nationale des Chemins de Fer. Le bâtiment actuel n’est achevé qu’en 1853. Conçu par l’architecte Edmond Brazier, il est à l’image de ceux qui jalonnent l’ensemble de la ligne : larges ouvertures en plein cintre au rez de-chaussée, fronton orné d’une horloge, sobriété des ornements. Les deux petites ailes en retour construites ultérieurement par la compagnie permettent de doubler la surface du vestibule. La marquise, plus haute que le bâtiment, a été édifiée ultérieurement au-dessus des voies. Elle permet un meilleur accueil des voyageurs et de nombreux commerçants ambulants ou sédentaires y proposent alors journaux, nécessaires de toilette ou encore produits locaux (confitures de groseilles, madeleines). Créée dans la perspective de la rue qui porte désormais son nom, la gare de Bar-le-Duc devient un point de convergence dans le tissu urbain. Peu après sa construction à l’emplacement d’un ancien bras du canal de la Marne au Rhin, un réseau de rues est organisé en étoile autour d’une place. Le parvis est entouré de grilles métalliques aujourd’hui disparues devant lesquelles est inauguré en 1900 le monument commémoratif de la guerre de 1870. Celui érigé à la gloire du Président Raymond Poincaré le remplace depuis 1950. Le quartier s’anime de nouveaux commerces. La gare marchandise connaît son apogée au milieu du XXe siècle lorsqu’elle devient la première plateforme française de l’industrie fromagère.