LANTA
Lanta (31570) · Haute-Garonne
Du château primitif, il n’en persiste que la motte féodale. Les églises furent également endommagées par le mouvement protestant au XVIème siècle. C’est Urbain Vitry, architecte des Abattoirs et de l’Observatoire de Jolimont à Toulouse, qui supervisa au XIXème siècle la restauration des églises de Notre Dame de l’Assomption et de St Anatoly. Reconstruite en 1830 sur l’emplacement d’un édifice du XVe, l’église Notre Dame est représentative du style néo-classique avec son clocher-mur à deux niveaux et son fronton triangulaire. Lanta s’est développé autour de son château médiéval, édifié dès le XIIᵉ siècle par la famille Hunaud de Lanta, l’une des plus influente en Lauragais et liée aux comtes de Comminges et de Toulouse. Précurseurs, ils adhèrent au catharisme, accueillant dès 1205 une communauté active de « bons hommes » et « bonnes femmes ». Pendant la croisade contre les cathares, ils soutiennent fidèlement le comte de Toulouse, participant notamment à la défense de la ville lors du siège de 1217. Cet engagement coûte cher à la famille : Marquésia, sa fille Corba — épouse du seigneur de Montségur — et sa petite-fille Esclarmonde, toutes converties, périssent sur le bûcher en 1244. Malgré ces pertes, les Hunaud de Lanta conservent leur position en prêtant allégeance à Alphonse de Poitiers, nouveau comte de Toulouse. La famille retrouve rapidement son influence, certains membres accédant à de hauts rangs ecclésiastiques, comme abbé de Lézat ou évêque de Rieux. À l’origine, une chapelle castrale liée au château se trouvait probablement à l’emplacement actuel de l’église, tandis que l’église paroissiale était Saint Victor, située hors du fort, où les habitants se rendaient jusqu’au XVIᵉ siècle. En 1569, les guerres de Religion entraînent l’incendie des deux édifices. Pendant des décennies, les offices se tiennent tant bien que mal, parfois dans une grange. Au XVIIᵉ siècle, l’église est restaurée avec un clocher mur à plusieurs baies. Devenue trop petite, elle est entièrement reconstruite entre 1844 et 1852 : l’édifice actuel, dédié à Notre Dame, ainsi que l’avenue qui y mène, datent de cette période. L’histoire du village continue en prenant la rue de la république, jusqu’à la place de la Marianne. Autrefois lieu où se tenait le four communal, elle fut renommée en 1889, pour commémorer les 100 ans de la révolution, et les morts 90 ans après l’insurrection royaliste locale. À Lanta, l’été 1799 est marqué par une insurrection qui s’inscrit dans un climat de fortes tensions. Depuis plusieurs années, les habitants du Lauragais subissent les conséquences d’une République jugée anticléricale, du service militaire obligatoire qui prive les campagnes de main-d’œuvre, et des difficultés économiques. Dans ce contexte, l’attachement à la monarchie et à la religion reste très présent. Lorsque les royalistes se soulèvent dans la région, notamment à Caraman ou Nailloux, le mouvement gagne rapidement Lanta. Le 5 août, environ 1200 insurgés prennent le contrôle du village, arrêtent les représentants républicains et imposent leurs symboles. Pendant un court moment, un renversement durable semble possible. Cependant, dès le lendemain, les troupes républicaines interviennent. Les combats sont violents et marquent profondément la population locale. L’épisode le plus marquant reste la mort d’Antoine Pillore, médecin de Verfeil, qui refuse de renier ses convictions républicaines. Après ces affrontements, l’insurrection échoue et est réprimée. Pour les habitants, cet événement illustre à la fois les divisions profondes de la société et la brutalité des conflits politiques de l’époque, laissant un souvenir durable dans la mémoire locale. Petit train noir Créé en 1906, le « petit train noir » reliait Toulouse (Port Saint Sauveur) à Revel en desservant l’Ormeau, Montaudran, Fonsegrives, Montauriol, Lafage, Saint Pierre de Lages, Aurin, Lanta, Caraman, Auriac sur Vendinelle, Le Cabanial et Montégut Lauragais. Cette locomotive à vapeur, bruyante et enfumée, marqua les esprits. Faiblement motorisée, elle obligeait parfois les voyageurs à descendre pour pousser le wagon de queue dans les côtes. Le 5 juin 1916, un vent d’autan exceptionnel fit dérailler quatre wagons près de Revel, précipités en contrebas. Elle fut néanmoins l’une des raisons de l’éclosion de la ville pendant plus d’une cinquantaine d’années. La ligne, concurrencée par la route, ferma en 1947, avant d’être démantelée en 1950.